vendredi 14 mars 2008

ALTRAN, c'est quoi ?

Altran Technologies est une grosse société de service, qui place des ingénieurs dans des sociétés comme Airbus, Astrium, Siemens et Thalès. Cotée en Bourse, elle a de bons résultats. Altran Sud-Ouest est le fruit d’une fusion de plusieurs filiales, en 2006 (Altran Technologies, Logical, Réalix). Le groupe compte environ 16 000 salariés, dont 950 chez Altran Sud-Ouest (parmi lesquels 850 ingénieurs).

Les fondateurs de cette entreprise ont été épinglés par l’Autorité des Marchés Financiers en juin 2007. Il y a eu des malversations financières, en 2002. Les deux fondateurs ont été condamnés à 1 million d’euros d’amende, et Altran Technologie – en tant que personne morale – à 1,5 million d’euros d’amende, car ils ont imposé à leurs filiales de déclarer de faux chiffres d’affaires. A l’époque, la presse titrait : « Altran, une affaire Enron à la française ». Quand les affaires ont été découvertes, la direction du groupe a changé, mais les deux fondateurs sont toujours actionnaires et disposent d’une minorité de blocage. Le syndicalisme est vraiment apparu de manière significative depuis 2004, dans le groupe Altran – depuis ces affaires.

En 2004, le groupe comptait 18 000 salariés, mais la direction a fait partir des salariés, sans qu’il y ait de plan social, en jouant sur les clauses de mobilité, ou au moyen de pressions. Cela a d’ailleurs engendré de nombreux recours aux Prud’hommes, et des collectifs de salariés se sont formés pour dénoncer les licenciements abusifs.
L'objet du conflit
La direction du groupe Altran est farouchement opposée à ce qu’il y ait des délégués syndicaux de la CGT dans ses filiales, et elle a dénoncé la désignation du délégué syndical CGT sur Toulouse. Mais elle a été battue au Tribunal.

Il faut voir que depuis la fusion de 2006, beaucoup de choses n’ont pas été réglées, notamment en matière d’harmonisation sociale pour les salariés des différentes filiales (Comités d’entreprises, primes de déplacements chez le client, tickets restaurants, primes de participation, etc.). Fin 2006, il y a eu une première grève historique pour lutter contre la dégradation de la politique de frais chez Altran.

D’autre part, suite aux déboires juridiques de la société et à des placements douteux qui ont creusé une dette énorme, il n’était plus question que les salariés touchent des primes de participation, ce qu’ils ont appris dans un Procès Verbal de Comité d’Entreprise. Mais par la suite, les salariés ont appris par hasard que les « managers » – ceux qui placent les ingénieurs chez les donneurs d’ordres comme Airbus ou Astrium – sont allés à Prague pour un « séminaire » qui était en réalité des vacances tous frais payés, dans un hôtel 4 étoiles, avec toutes sortes de distractions et de sorties.

Il faut comprendre que le système de rémunération des managers va contre les intérêts des ingénieurs. Par exemple, moins le « manager » accorde de frais au « consultant » (l’ingénieur), plus il touche de commissions, car il est payé en fonction de son chiffre d’affaire.

D’un coté, on dit qu’il faut faire des sacrifices, qu’il faut être solidaires de la dette du groupe Altran – et d’un autre coté, la direction paye des vacances en catimini à ses managers. C’est la goutte qui a fait débordé le vase. Et les délégués des organisations syndicales ont accompagné le mécontentement d’humeur de leurs collègues, en intersyndicale.

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